Journal n°6 - mars 2003 - Spécial 80 ans
1. Numéro spécial anniversaire 2. Editorial 3. Un peu d'histoire 4. Quel chemin parcouru en 80 ans ! 5. Cinéastes amateurs, à quelle sauce risquons-nous d'être accomodés ? 6. ... suite 7. Le cinéma-d'amateur et la généalogie ont-ils un point commun ? 8. ... suite 9. Le cinéma d'amateur a-t-il un prix ? |
Dans l'esprit de Charles PATHÉ, la réduction du film par rapport au 35 mm devait diminuer le prix et le volume des caméras. pour le rendre accessible à un plus large public et réaliser des "albums souvenirs familiaux animés". Charles PATHÉ ne pensait sûrement pas que son invention allait susciter des vocations de cinéastes amateurs non professionnels, qui ont vu dans cette réduction du prix de revient une opportunité. C'est pour ces cinéastes que des structures se sont misent en place par la tenue de festivals, qui étaient tout simplement des compétitions et non pas une "manifestation à caractère artistique", au sens même du mot "festival". Ces cinéastes amateurs non professionnels se sont engouffrés dans cette spirale en réalisant des documentaires et des fictions a faire pâlir certains professionnels. Leur seule envie était de gagner une médaille et une place sur un podium! Nous sommes loin de l'album de famille animé; c'est un autre monde! Le 16 mm est alors devenu le support idéal pour cette catégorie de cinéastes. Les fabricants ont atteint leur objectif : vendre de la pellicule et du matériel pour développer leurs entreprises. Toutes ces manifestations ont finalement laissé sur la touche les cinéastes amateurs qui réalisaient leur album de famille animé en tournant des "reportages à caractère familial", en particulier les films au format 9,5mm. Ces films ont été sacrifiés sur l'hôtel de la compétition. Ces cinéastes ont toujours été méprisés et leurs films boudés par le public des festivals. La venue du 8mm à partir des années 1930, qui a encore diminué le prix de revient du film, n'a rien changé mais, là, c'est la médiocrité de ce format qui en a certainement été la cause. Après la guerre 1939/1945, le plan MARSHALL qui a imposé à la France la consommation de produits photo américains, a empêché l'industrie cinématographique française de développer le format 9,5. Seule, la société PATHÉ s'est imposée en obtenant que la pellicule couleur soit conditionnée en 9,5. Une page de notre Histoire que nous avons tendance à oublier. Au début des années 1960, la technologie maîtrisait la vidéo, mais ne savait pas encore la miniaturiser. Pour cela, le plus grand constructeur de matériel photo se devait de mettre sur le marché un format tout-public pour pouvoir étendre son hégémonie sur le cinéma d'amateur et assurer le relais en attendant la miniaturisation des caméras vidéo. C'est le Super 8 qui a été choisi dans l'attente des camescopes. Ce format fut lancé à grand renfort de publicité, proclamé comme le miracle du moment. Le film était conditionné dans une cassette en plastique qui recevait le presseur, proposé comme une nouveauté (le 9,5 en 1922 était pourtant né avec une caméra à chargeur équipé d'un presseur en acier usiné !). Les caméras proposées prétendument automatiques, sont vendues comme un matériel où il n'y a rien à faire, sauf appuyer sur le déclencheur. En même temps les grandes surfaces ont vu le jour; ce sont elles qui ont touché le plus large public, en pratiquant le discount avec ce matériel. |
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