Journal n°6 - mars 2003 - Spécial 80 ans
1. Numéro spécial anniversaire 2. Editorial 3. Un peu d'histoire 4. Quel chemin parcouru en 80 ans ! 5. Cinéastes amateurs, à quelle sauce risquons-nous d'être accomodés ? 6. ... suite 7. Le cinéma-d'amateur et la généalogie ont-ils un point commun ? 8. ... suite 9. Le cinéma d'amateur a-t-il un prix ? |
UN PEU D'HISTOIRE
Cinéastes-amateurs! D'où venons-nous? Les frères LUMIERE ont été les premiers à présenter au public en France un spectacle de "cinématographe", mais ils n'ont pu le faire que grâce aux recherches et aux découvertes antérieures. Parmi ces précurseurs, le plus important est sans nul doute le Beaunois Etienne-Jules MAREY. Il mit au point en 1882 un "fusil chronophotographique" (dont on peu voir un exemplaire au musée "Marey" de BEAUNE), et que l'on peut considérer comme l'ancêtre des caméras. Il utilisa la "chronophotographie sur plaque fixe" qui permettait d'obtenir sur une seule plaque une série d'images successives d'un mouvement. En 1888, il remplace la plaque par une bande de papier sensible qui se déroulait devant l'objectif, puis, lorsqu'il put s'en procurer une, par une pellicule de celluloïd de 110 mm fabriquée par les frères LUMIÈRE, selon le brevet déposé par EASTMAN. MAREY réalisa donc les premiers films, en 90 mm de large, avant ceux d'EDISON, en 35 mm, qui datent de 1889. Dix ans plus tard, en 1899, il mit au point un nouveau fusil électrique, que l'on peut considérer comme la première caméra portable, et qui passa inaperçu. Cependant, MAREY ne put résoudre parfaitement le problème de la projection, qui nécessitait l'arrêt intermittent du déroulement du film, comme le fera EDISON avec la perforation de la pellicule. L'assistant de MAREY, Georges DEMENŸ, breveta en mars 1892 un "phonoscope" qui projetait la physionomie et les mouvements du visage d'une personne qui parlait. Il essaya en vain de persuader MAREY de commercialiser son appareil chronophotographique. Devant ce refus il fonda en décembre 1892 la " Société générale du Phonoscope ". Les deux hommes se brouillèrent et MAREY demanda à DEMENŸ de démissionner de son poste de chef de laboratoire. Ce dernier déposa alors un brevet qui modifiait l'appareil en permettant à la pellicule un mouvement intermittent. Mais ses associés le délaissèrent, et après en avoir vainement cherché d'autres, il céda sa licence en 1895 à Léon GAUMONT. Les frères Lumière surent faire la synthèse de toutes les découvertes antérieures, en ajoutant à la perforation une griffe rétractable, comparable au pied de biche de la machine à coudre, animée par une came de Trezel, qui permettait un déroulement régulier de la pellicule; et un obturateur. Pendant ce temps aux Etats-Unis les projections progressaient indépendamment des frères LUMIÈRE. En France, le cinéma va se développer grâce à PATHÉ et JOLY d'une part et à GAUMONT d'autre part. La suite de l'histoire, nous la connaissons. Le 3 novembre 1922 la naissance du cinéma d'amateur avec le 9,5 créé par Charles PATHÉ, avant même le 16 mm, en Amérique. A partir de 1923 le "cinéma chez soi" où PATHÉ propose à la location et la vente pour le grand public des copies en 9,5 des films tournés en 35 mm à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. L'invention du cinéma n'est donc pas le fait d'un seul homme qui aurait dit un beau matin: ça y est, j'ai découvert le cinéma, mais elle est due à la contribution de très nombreuses personnes. Cet article à été réalisé grâce à la documentation du musée Etienne-Jules MAREY de Beaune (21206). Ouvert tous les jours du 1er avril au 1er novembre et pendant le WE de la vente des vins (3ème WE de novembre). Visites libres. Tel: 03 80 24 56 92 |
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